Je lis vos réactions et elles ont toutes du bon sens ET aussi le délire qui sied aux gentlemen sharkeurs qui ne se laissent pas abattre avec l'image de leur Siss en tête frappée de cet inlassable désir de perfectibilité...
(c'est pas d'la phrase ça ? A dix du mat', je demande un accessit...)
Mais... Là toud'suite, j'en nez...
Ras l'bol.
Mon Noto a poussé trop loin l'intention de me nuire. Et ça a finit par payer. J'ai une furieuse envie de rouler en Twingo. Et Gev340 sait le poids de ces vilains mots.
Ca vous en dit long sur le délabrement intérieur de ma passion... L'état catastrophique de mes lieux de rêves automobiles... Envolée l'exception au profit de la banalité ? Mais bien sûr pourvu que je puisse ROULER, par tous les diables de l'enfer des routes peuplées de caisses en plastiques conduites par des robots sans aucun sens du goût et de l'art de vivre... Après avoir perdu le goût et l'odorat, fallait-il que je perde aussi la seule de mes compagnes qui soit entièrement dévouée à mes désirs, des plus simples aux plus simplement simples... Un tas de métal pourvu d'un cœur ne battant qu'au rythme de mon âme. Un volant imbécile mais celui-ci magnétisé par la séduction qu'il SAIT opérer... 'Viens, tu vas voir...'
Et la pointe de son long nez, là-bas, comptant chaque ligne blanche avec délectation, jouissant de leur accumulation... L'autoroute, la route, la nuit... Le but n'est rien, seul le chemin compte... Ma vision de Luke Skywalker s'éteint. Lentement. Le ronronnement de mon moteur s'affaiblit dans mon cœur comme une flamme de bougie privée d'oxygène. Vous l'avez en tête, ce dernier souffle de votre ordinateur lorsque vous l'éteignez après des heures d'usage ?
Voilà, c'est ma Siss qui s'en va. Elle est devant moi comme un avis de faire-part de décès. Comme le sinistre encadré noir des paquets de cigarette 'Etre passionné tue'.
Au moment de l'aveu de la fin de cette magnifique histoire d'amours aux souvenirs plus nombreux, voilà cette musique enfantine qui me tire des larmes. Des larmes froides et chaudes, comme lorsqu'on a bien compris qu'il n'y a plus rien à faire. Impossible d'imaginer un lendemain.
De la bouche de grands reporters, j'ai entendu leur plus grande émotion : se tenir à côté d'un grand mammifère mort. Peter Beard m'a dit : à côté d'un éléphant mort, tu redeviens une pauvre bête délaissée, atterré par le sublime animal maintenant gisant, battu, et toujours trois fois plus haut que toi... Les hommes restent là des heures, immobiles...
J'ai pensé à ça parce qu'au cimetière, bien sûr... Tellement je voudrais que mon Noto passe directement de sa vie à mon souvenir. Que demain matin, elle ne soit juste... Plus là... Que je n'ai pas à emmener son corps inerte dans je ne sais quelle, ô combien humiliante, dernière demeure, au milieu de carcasses à broyeur destinées.
L'estocade ? Tout ce que je connais d'elle n'a pas bougé d'un poil. Son volant, Son intérieur, Son allure, même... Ses phares... Ah tiens, il fallait que je change les deux extérieurs... Mon rétro cassé... Tu t'rappelles Sharknoze ? Il y a un an et demi, en arrivant sur le site, je t'avais retenu un rétro. Et puis, avec le temps, ça s'est pas fait, et puis maintenant, je n'aurais plus à le faire. Mon piéd'poule.
Toute cette masse de truc devient obsolète après ce petit trou au milieu d'un cylindre.
SSSkeu c'est que d'nouZôt'...
Jvé quand même pas m'en faire un lampadaire ?
