Salut ! Je m'adresserais avec plaisir aux rédacteurs des précédents messages, mais à l'exception de notre inoxydable et néanmoins juvénile Tchief, plus aucun desdits écrivains précités ne flotte désormais par ici.
Salut donc ... aux 1068 membres ayant succédé ChrisetCarole (n°77) se prenant maintenant pour Patrick McGoohan au volant de son ébouriffante pétoire britische
Le titre évocateur du présent sujet m'engage à rafraîchir quelques croyances populaires sur, d'une part, l'usure de nos M30 et, d'autre part, le lubrifiant circulant dans ses circuits et retardant normalement cette première (l'usure pas la croyance).
Ainsi, je partage avec vous les résultats de la récente analyse d'huile réalisée sur un échantillon du liquide provenant du carter de 5665.
Fichier(s) joint(s):
5665(1).jpg [ 324.7 Kio | Vu 9594 fois ]
La
viscosité affichée 83,9 mm2/s est dans la partie basse de la fourchette donc l'huile est plutôt visqueuse. Soit cela est dû à la pollution du fluide par les résidus de combustion soit l'huile est tout simplement proche des caractéristiques d'une huile neuve. Je penche pour la seconde option car l'indice de contamination est à 0%. Rapporté au kilométrage effectué (+/- 7500 km) et à l'intervalle depuis la précédente vidange (largement supérieur à 1 an), le lubrifiant aurait encore pu faire autant de km
Si vous avez une utilisation classique de votre véhicule, une huile minérale ou semi-synthétique est largement suffisante. Nourrir votre M30 avec de la Motul 300V ou autre Castrol TWS 10W60 ou faire la vidange tous les ans le jour J-1, revient à brûler des billets de 20 euros. Cela ne signifie pas pour autant qu'une huile de marque douteuse
- même si elle répond aux normes API - est acceptable, la forte teneur en additifs, comme l'illustre le tableau, faisant toute la qualité d'une huile de marque.
La
dilution affichée à moins de 2% révèle une segmentation et des soupapes bien hermétiques : l'essence ne passe pas dans l'huile. La conception judicieuse de ce bon vieux M30 et les matériaux qui le composent contribuent probablement à ce résultat.
Nota : nourrir à la Motul 300V un moteur fatigué dont la dilution est importante serait paradoxalement une bonne idée car la tenue à la dilution de la 300V est remarquable, ce qui retarderait ainsi la ruine dudit moteur fatigué bien qu'il ne fût pas de course.Les
pollutions sont très faibles. Un changement de filtre à air toutes les 2 vidanges (soit presque 4 ans ...) et l'utilisation de filtre classique en cellulose (papier) semble une bonne pratique, tout comme proscrire les filtres en tissu imprégné de type K&N qui sont totalement inefficaces si colmatés ou mal imprégnés.
Par ailleurs, il semblerait que le climat "légèrement" humide du piémont pyrénéen n'ait pas une influence désastreuse sur la teneur générale en eau des requins frayant dans la région. Voilà une nouvelle techniquement démontrée, tout à fait positive pour les quelques résidents de Normandie ou de Polynésie inscrits sur le forum

Plus prosaïquement, un changement récurrent du liquide de refroidissement (environ tous les 10 ans ...) favorisera la conservation des joints en contact avec un liquide possédant toutes ses caractéristiques protectrices, apanage des produits de marque.
Les
usures des haut et bas moteur affichées n'appellent aucune vigilance du côté de la distribution. La teneur en plomb pourrait être suspecte car révélatrice d'une usure des coussinets, mais la quasi-absence d'étain et de cuivre, autres matériaux anti-friction présents dans les coussinets, semble ne pas le confirmer. Ce M30 ayant été nourri pendant 20 ans avec du carburant plombé, ce matériaux aura infusé longuement les composants internes du moteur pour désormais se libérer et contaminer l'huile.
La prudence commandera de renouveler cette analyse lors de la prochaine vidange : si la teneur en plomb est du même ordre, le plomb infusé se libère, si la teneur augmente, l'équipage mobile initie son processus de ruine et il conviendra d'intervenir sans plus tarder pour rajeunir la protection du vilebrequin.
Conclusion : 1/ Une voiture s'use si l'on ne s'en sert pas. Rouler souvent sur tous les terrains est un gage de longévité 2/ Le sur-entretien est de l'argent jeté par le toit ouvrant 3/ Entretenez au juste nécessaire en utilisant des produits de marques reconnues correspondants aux préconisations d'origine du constructeur-concepteur. 4/ Dépensez l'argent économisé dans la préservation de vos sièges en cuir, de nouvelles cordes de guitare manouche et le repassage de vos pantalons pat' d'éph' pour rester dans le ton du véhicule qui vous conduisez presque tous les jours
